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Enfants, ados et adultes à haut potentiel (HP)
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Témoignages d'adultes HP passés par douance.be


Réaction à l'émission "Questions à la Une" de la RTBF

A la recherche d'un temps précieux perdu ...

Je fais partie de ces quadras qui se découvrent, après des années d'incompréhension et de souffrance, HP. Révélation faite non par un psy, mais par une amie , elle-même l'étant. Une évidence selon elle, ... mais pas pour les pros.

Par rapport à d'autres témoignages, rien de bien dérangeant durant ma petite enfance, pas d'exploits incroyables visibles... Non, à deux ans et demi , je ne récitais pas les tables de multiplication, je grimpais juste sur les meubles de la classe au grand dam de mon institutrice. Je me suis calmée, je suis rentrée dans le rang, leitmotiv pour survivre, pensais-je, abominable erreur en réalité, la construction de mon faux-self était en marche.

Première grande trahison pour moi à 7 ans, ma meilleure amie ose en avoir une autre, mon monde s'écroule, on était si bien à deux... Ce ne sera que le début d'une grande désillusion, mais ça, je ne le savais pas encore, car il faut apprendre à vivre avec tout le monde... En primaire, scolarité sans soucis, puis vinrent ces fameuses humanités. Là, tout chavire, je me demande ce que l'on me veut. La première année passe encore, mais, la seconde, les choses se corsent et puis, je suis abonnée aux secondes sessions et aux cours particuliers. Déshonneur familial ! A part le français, rien ne m'intéresse vraiment. Et puis, même si je bosse, je n'arrive jamais à répondre correctement à ce que l'on me demande. Je me suis sentie d'une nullité affligeante. Vraiment une pauvre fille!

Mes relations avec les autres élèves sont peu nombreuses. Même chose dans les mouvements de jeunesse, je fais des efforts surhumains pour m'insérer : peine perdue, c'est un long calvaire. Je me cloître dans les bouquins et l'écriture. Ma sensibilité est à fleur de peau, je ne peux regarder à 15 ans un journal télévisé sans pleurer devant les reportages de famine d'Ethiopie, "je suis pathétique", me répétais-je," et le monde, que fait-il donc pour les sauver ?" Trente ans plus tard, je me pose encore la question ... Je suis passionnée par la Shoa, car je veux comprendre comment des hommes peuvent en arriver à un tel degré d'horreur. Incompréhension générale de mes pairs, c'est vrai qu'à cet âge, il y a plus fun comme sujet...

Bref, enfin, la rhétorique s'achève et il faut choisir un métier. Je veux faire la médecine, mais vu ma scolarité chaotique,... ce n'est pas envisageable pour mes parents, je ferai donc des études d'infirmière. Bon, le seul hic, c'est que les malades, ils souffrent et moi, je souffre avec eux : leur détresse me colle à la peau. Je veux cesser cette formation, c'est trop dur émotionnellement, mais refus parental.

Je continue à écrire pour survivre et, enfin, la lumière m'apparaît dans le cours de philosophie. Révélation, quelque chose qui me parle! C'est décidé, j'en ferai mon métier, mais je termine mon cursus à la demande de mes parents. En faisant la philo, cette fois je suis persuadée d'avoir enfin des réponses à mes interrogations.  Au final,... devinez ? J'ai encore plus de questions !
Alors que mon parcours scolaire avait été très difficile en secondaire, une fois les études supérieures et la motivation, plus rien ne m'a arrêtée. Le fait d'avoir pu trouver de vrais centres d'intérêts dans mes études m'a permis de m'épanouir professionnellement, même si je suis considérée comme un électron libre par mes collègues.

A 26 ans, premier souci, petite "dépression" suite à des problèmes conjugaux, première rencontre avec les psys. La psychologue, excessivement gentille, est très vite dépassée, je laisse tomber, je me sens totalement incomprise. Toujours entre deux chaises, toujours en questionnement, je ne trouve jamais ma place, où que j'aille.  Je "m'accroche" à ma fille et je m'en sors.

Quelques années plus tard, on remet ça. Cette fois, c'est un psy expérimenté... Il disjoncte lors d'une consultation et commence à m'injurier, il s'excusera la séance suivante. Cela ne lui était jamais arrivé en 20 ans, il ne sait pas ce qui lui a pris. Je me dis que je dois vraiment avoir un gros problème. Je n'avance pas, je suis en mode "déprime existentielle" ou plutôt "désespoir devant l'humanité".

Rencontre avec une troisième psy (je m'accroche), elle m'aide quelques mois,  puis ça tourne en rond, j'arrête. Le malaise est toujours là, je m'adapte à ce monde, mais ce n'est pas moi. Je pense que j'aurais pu continuer comme ça longtemps sans la révélation de mon amie.

J'ai mis 42 ans à savoir qui j'étais vraiment entre les doutes, les pleurs, le désespoir et l'incompréhension. Comment aurais-je pu un seul moment me douter que je n'étais pas folle, que le monde où je vivais n'obéissait pas aux mêmes règles que moi, que je n'étais pas seule, que d'autres ressentaient, pensaient, vivaient cette différence ?

Alors, tests de QI ou pas ? Pour moi, c'est non, j'ai toujours eu horreur des examens, ça doit dater de ma scolarité d'ado inadaptée...

Pour mon fils, je l'ai fait et l'expérience a été désastreuse. Mon fiston a toujours été qualifié de "bizarre" depuis qu'il est né. En 2013, je décide de lui faire passer ce fameux test de QI par un prof d'université et son verdict est sans appel : "Votre fils fonctionne comme un HP, mais n'est pas un HP !" J'hallucine, il plaisante ? Non, pas du tout, il est même très sérieux. " Au revoir , Madame".
Comment est-ce possible ? Simplement parce que la somme des résultats à ce test réalisé par mon ado blasé et désinvolte ne correspond pas à l'extrême droite de la courbe de Gauss du sacro saint QI de130 des surdoués.

Puis-je en tant qu'adulte responsable et en tant que mère accepter que la différence de mon enfant soit niée, car une évaluation l'a classé dans une "norme" qui n'est pas la sienne ? Tout cela, au nom d'une "science" bornée oubliant qu'elle n'est pas exacte et qu'à tout moment, les choses peuvent changer. J'ai envie de hurler et de me révolter contre cette incompétence des psys à cerner la spécificité des HP.

Non, nous ne sommes pas qu'un QI, nos idéaux, nos pensées, nos sens nous font percevoir le monde autrement, plus intensément, mais aussi parfois plus violemment. Notre sensibilité exacerbée peut nous blesser au plus profond de notre être.  Comment peut-on laisser un nombre gouverner des vies, nous réduire à trois chiffres, nous enfermer dans un carcan ? Un carcan si étriqué et mal conçu que beaucoup d'entre nous passent au travers et se demandent peut-être le restant de leur vie ce qui ne va pas chez eux ou qu'il leur faudrait un mode d'emploi pour survivre dans ce monde. Serons-nous obligés d'ignorer les autres pour ne plus souffrir de notre spécificité? Est-ce une tare de fonctionner différemment ? De quoi ont-ils peur ? Sommes-nous des citoyens de seconde zone ? Et dans ce monde, qui ne me laisse pas de place, suis-je donc condamnée à errer ? Je le refuse , ne fût-ce que pour mes enfants. Mon fils sachant qu'il est HP pourra trouver des informations face aux questions qui me sont restées si longtemps sans réponse lorsqu'il le décidera.

Pour terminer, je dirais simplement deux choses : un test de QI devrait toujours être accompagné d'un entretien qualitatif, ce devrait être une règle d'or. Et enfin, non, tous les psys ne sont pas incompétents, le vrai problème, c'est le contenu de ce qu'on leur enseigne et leur degré de sens critique. Tant que les mentalités ne bougeront pas, il y aura encore beaucoup de sacrifiés sur l'autel du test de QI.  Alors, faisons-nous entendre, prenons notre place, car nous y avons autant droit que les autres.



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